Marcher en Arménie

À mi-chemin entre carnet de voyage et récit à la prose poétique, les randonnées pédestres arméniennes de Denis Donikian évoquent une terre à la fois réelle et imaginée où le sacré tutoie le profane dans une douce harmonie des sens et des couleurs. Grand voyageur, l’écrivain/plasticien a un rapport complexe et intimiste avec un pays qu’il a connu étudiant dans les années 1960 avant de bourlinguer vers des contrées plus lointaines. Toujours en quête de la bonne distance, à fleur de peau et rattrapé par l’affect, ces textes d’errances étonnées ou studieuses en Arménie profonde, occupent une place centrale dans son œuvre féconde et polymorphe.

Marcher en Arménie comprend trois grandes randonnées que l’auteur a menées dans différentes provinces : le Syunik et le massif du Zankézur au sud, le Tavush au nord-est. La nature noble et sauvage se confond avec ses habitants ; des rencontres se mueront en amitiés. Marcheur amoureux, l’auteur délaisse un moment le pamphlet pour s’adonner à une aventure personnelle.

La marche est propice à la connaissance de soi et aux rencontres humaines. Si insouciance il y a, ce qui compte est de dessiner des chemins de traverse au rythme lent de la promenade dans le tissu vivant d’une terre ferme et inspirante aux côtés de la muse que l’on devine. Donner une voix à des âmes inaudibles et à travers elles, apprendre à se connaître.