Dans son dernier ouvrage, Raymond Kevorkian s’attache à démontrer comment le génocide des Arméniens a été suivi d’une traque systématique des rescapés durant plusieurs années. Mustafa Kemal Atatürk, héros et fondateur de la Turquie moderne, a été l’un des artisans principaux de cette élimination programmée et menée avec méthode. Pour accomplir sa sinistre besogne, le futur dirigeant d’un état se proclamant laïque, n’a pas hésité à rechercher ses soutiens parmi ceux qui avaient déjà l’expérience des pogroms et des déportations. La population turque des provinces orientales a vu d’un œil complaisant la disparition progressive des Arméniens et des Grecs des terres où ils vivaient depuis des siècles. Au terme d’une enquête extrêmement bien documentée, l’historien relie ces massacres à la construction d’un véritable « Etat-Nation », comme poussé sur les ruines de peuples qu’il a tenté d’exterminer.