Ceux de Manouchian

Le 21 février 2024, lorsque Missak et Mélinée Manouchian entraient au Panthéon, la France rendait hommage à bien plus qu’un couple de résistants : à travers eux, c’est toute une génération d’étrangers engagés dans la Résistance que la République saluait. Dans Ceux de Manouchian, l’historienne Astrig Atamian redonne voix à ces militants oubliés, et retrace un pan méconnu de l’histoire politique du XXᵉ siècle. L’autrice montre comment, bien avant la guerre, une petite communauté de rescapés du génocide s’organise à l’intérieur même du Parti Communiste et du Comité d’aide à l’Arménie. Ces hommes et ces femmes, pris entre fidélité à leur terre d’accueil et attachement à l’Arménie soviétique, ont vécu leurs engagements comme une tension permanente. Leur lutte, marquée par la clandestinité, culmine dans la Résistance, où beaucoup, à l’image de Manouchian, ont donné leur vie. Après 1945, la mémoire de ces combattants devient l’un des rares points commun entre le PCF et la diaspora.