Partir ou rester

la sociologue Anna Théodoridès a enquêté auprès des Grecs d’Istanbul, au sujet d’un événement tragique dont ils ont été victimes, les pogroms des 6 et 7 septembre 1955. Au delà des images d’églises incendiées et de commerces détruits, elle analyse les conséquences profondes d’une nuit d’horreur sur les existences individuelles et collectives. Partir ou rester mêle rigueur historique et témoignages, recueillis auprès des survivants et de leurs descendants. En quelques jours, les Grecs d’Istanbul ont été confrontés à un choix déchirant entre l’exil et la survie sur place, entre la perte d’une patrie et leur attachement à Byzance, dont ils se définissent comme héritiers. L’autrice montre que ces violences ne sont pas un épisode isolé, mais l’aboutissement d’un long processus d’homogénéisation nationale amorcé bien avant la République turque. En redonnant voix à ces témoins et à leurs descendants, la chercheuse pose la question du nationalisme et des silences d’État.