Gérard Chaliand


Gérard Chaliand

Né en 1934 en Belgique, Gérard Chaliand est un géostratège et homme de lettres français. Il est spécialiste des relations internationales et stratégiques, des conflits armés et surtout des conflits irréguliers (guérilla, terrorisme). Il prend position dès 1954, après un voyage en Algérie, en faveur de l’indépendance du pays. En 1983, Chaliand lance l'initiative d'un tribunal permanent des peuples sur le génocide arménien qui s'est tenu à la Sorbonne en 1984. En 1990, étudiant la conquête espagnole de l'Amérique, il rejette la théorie du génocide amérindien et critique Tzvetan Todorov, considérant son analyse comme anachronique. Chaliand estime en effet que « l'intention [de tuer] n'a jamais existé chez les colons désireux d'exploiter une main-d'œuvre servile », que les conquistadors espagnols du XVIe siècle, « naturellement prosélytes », « sont convaincus d'apporter la vraie foi », et que la conquête « s'est déroulée dans des conditions dont nous savons, avec notre expérience coloniale, qu'elles sont classiques ». Son expérience de la guerre, des mouvements de libération, de la guérilla et du terrorisme, réitérée tout au long de sa vie, lui permet de dégager des théories et systèmes proposant des clés d'analyse du fonctionnement des conflits irréguliers. Ses ouvrages de stratégie ou d'analyse, souvent rédigés en collaboration avec d'autres spécialistes, permettent de cerner la nature particulière de la guérilla, ses caractéristiques principales et les modes d'action partagés par tous les groupes se réclamant de cette méthode de combat. Gérard Chaliand a également publié des œuvres poétiques (La Marche têtue1, Feu nomade en 19701), théâtrales ou de littérature enfantine : certaines sont de sa plume, d'autres sont des traductions ou des anthologies. Il participe régulièrement aux expéditions du navire « La Boudeuse », avec Patrice Franceschi. En 2003, il publie un recueil de textes personnels écrits entre 1978 et 2002 (Mémoire de ma mémoire), histoire familiale et collective, sur le poids que représente « non ce [qu'il a] vécu mais ce dont [il a] hérité, l'écho d'un passé, la partie immergée de [son] histoire. L'amont nocturne de [sa] saga […] dont enfant on [lui] a transmis la tragédie et [qu'il a] voulu oublier. »