Des guérillas
au reflux de l’Occident

Celle qui co-anime depuis 5 ans la matinale de France inter, la plus écoutée de l’Hexagone, s’est fait surprendre lorsqu’elle a lancé une série d’émissions estivales : il y a un peu plus d’un an, alors que son conjoint se lance dans une campagne municipale, Léa Salamé décide de se retirer des antennes, par déontologie. Un choix qui avait énormément fait débat à l’époque. Lorsque Laurence Bloch lui laisse carte blanche pour des entretiens, Léa Salamé saute sur l’occasion : « Les femmes ! ». L’occasion pour elle d’affronter ses ambiguïtés sur cette question… Et jamais elle n’aurait pu prévoir à quel point ces interviews allaient agir sur elle. « Ces femmes m’ont fait grandir, m’ont transformée, explique la journaliste dans une préface très personnelle. Profondément. Il faut dire que je venais de loin. Longtemps, j’ai cru que la vie était fondée sur les rapports de force ». Née au Liban, avec des origines arméniennes par sa mère, Léa Salamé a, à son arrivée en France, tenté de « taire cette sensibilité extrême de l’Orient. » « La part française est devenue la plus importante de toutes ; mais lorsqu’on touche aux émotions, c’est « l’Orient » qui rapplique, concède celle qui avait présenté le dîner du CCAF en 2019. Quand on me froisse, je suis blessée avec ce mélange d’orgueil et d’exagération, propre à toute Méditerranéenne ». Et si rien ne vous est réservé sur une terre d’exil, fût-elle une terre d’accueil, Léa Salamé a dû travailler dur pour être là où elle est aujourd’hui… Une femme puissante, comme Christiane Taubira, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bettina Rheims et les neuf autres femmes qu’elle a interviewées pour France inter et dont elle a choisi de rapporter les propos dans un livre ?