S’il n’a pu s’empêcher d’évoquer les « épices, la plupart venues des Indes, et quelques fois même de la lointaine Arménie », Pascal Manoukian nous plonge dans son dernier roman bien loin du pays caucasien de ses ancêtres. Dans Le Cercle des Hommes, on prend un aller direct pour le fin fond de l’Amazonie. À l’image de cet homme d’affaires bien trop occupé dont l’avion se crashe, le lecteur débarque dans une tribu d’Indiens isolés, fragilisés, menacés par les outrages faits à la forêt. Se joue alors une rencontre étonnante entre deux mondes que tout oppose. L’occasion pour l’auteur habitué aux romans sociaux de dénoncer notre rapport à la nature et la surconsommation : « Ne possédez rien. Les biens sont l’ennemi du bien. L’abondance est partout si vous pratiquez la sobriété ». Car chez cette tribu des Yacou on connaît 57 mots pour décrire les nuances de vert, mais aucun pour évoquer le profit qui leur est étranger… En inventant avec énormément d’imagination et beaucoup de style dans l’écriture un peuple et ses coutumes, Pascal Manoukian signe ici une fable écologique aussi originale que puissante.