Journal d’une classe

Il y a deux ans sont publiés en Russie ces témoignages d’anciens enfants de Léninakan, qui ont vécu dans leur classe le tremblement de terre de 1988. 30 ans après, chacun a poursuivi sa vie. Certains sont restés, d’autres sont partis. Il y en a qui sont à leur tour devenus parents. Mais ce qui les réunissait autrefois est toujours présent : « la classe de CM1 D n’a pas cessé d’exister et notre passé commun nous relie ». Et tous ces touchants témoignages en sont la preuve. Chacun à sa façon, selon ses propres souvenirs et sa propre sensibilité, raconte ce terrible jour de décembre 1988 où la terre a cessé pour eux de tourner droit et s’est mise à trembler. Ils étaient élèves à l’école russe de Leninakan. Ce n’était pas un jour qui était ordinaire : ils devaient fêter le dixième anniversaire de leur camarade, Armén Kagramanyan, à 11 h 45. Ils n’en auront pas l’occasion : à 11 h 41, le tremblement de terre détruit les deux tiers de la ville et fait 25 000 morts. Aucun parmi ceux qui étaient présents dans la classe de CM1 D ne perdre la vie, seule leur camarade Eva Ogadjanian, absente ce jour-là, décédera. Comment réussir à se reconstruire après un tel événement traumatique ? Que leur reste-t-il de ce jour, 30 ans après ? Tant de questions que ce livre de témoignages permet d’aborder, présentant l’histoire d’une génération dont l’enfance a été interrompue non seulement par ce séisme, mais aussi par la guerre au Haut-Karabagh, la dissolution de l’Union soviétique et l’émigration. Une quête d’identité, pour se trouver et se positionner dans le monde.